L'ardéchoise

 

Samedi 21 juin 2003

 

Certains choix nécessitent au minimum des talents d'artistes si ce n'est carrément des dons de médium, or, manque de chances nos boules de cristal étaient en rade, problème de surchauffe indiquait le voyant rouge. Prévoir, c'est déjà pas toujours simple lorsque 12 personnes viennent d'endroits différents à des horaires qui le sont tout autant, mais prévoir l'imprévisible, ça, on ne sait pas faire. Résultat, un beau balai de bagnoles et des efforts supplémentaires sur le vélo après l'épreuve pour récupérer l'intégralité du parc automobile. Une expérience que les trois privilégiés sélectionnés n'oublieront pas de sitôt. Pourtant une balade par 37° C sur le goudron fondant et poisseux dans un sous bois après 120 bornes à bloc, c'est assez tentant, non ?
Rejetés dans un hôtel, pardon, un musée, selon Luis, à 40 km du départ, l'hôtelier est tout spécialement compréhensif lorsque nous lui annonçons avec douceur l'heure souhaitée du petit déjeuner. Il accepte l'horaire avancé fixé à 4 h30 mais refuse de nous accompagner sur le parcours en vélo, sa plus longue chevauchée sur un deux roues sans moteur se résume à 5 km et de la fatigue à la clé.

Le vendredi après- midi  n'a pas été une formalité pour tout le monde, notamment pour Denis, Laurent et Ludo, contraints de repasser par la case inscriptions, le premier envoi s'étant soldé par un échec caractérisé. La famille Fourna, composé du père et des deux fils, dont un bien connu des compétiteurs, Luis et Michel font partie du premier convoi. Les Grenoblois voyageant en bétaillère nous rejoignent pour le repas du soir, tout comme Andy Flickinger, et le couple Chaleat, mais eux, ont déjà l'estomac plein. Un repas classique d'avant course ou rien, sinon le temps et les bouteilles de Saint Joseph passent, le tout dans la bonne humeur et la détente. La nuit est courte, chaude et les lits disposent d'alèzes plastifiés à l'effet sauna vachement prononcés. Certains ayant eu l'impression de dormir a côté de tracteurs, la nuit n'aura pas été réparatrice pour tous. En voiture pour Lalouvesc, le temps d'équipé vélo et cyclistes, de démarrer dans les horaires impartis pour rejoindre la ligne et Laurent crève  après quelques hectomètres, sa garde prétorienne répare et attend, les autres rejoignent la ligne et réserve des places, Andy nous quitte pour s'aligner avec les prioritaires, normal, il va gagner l'Ardéchoise. Un peu plus d'une heure à passer plantés comme des bâtons, heureusement, Eddy est à l'animation et distribue des engueulades à ceux qui s'obstinent à remonter le long de la file.

L'objectif pour Marie Jo est de gagner le 120 km, Eddy l'accompagnera ainsi que Luis. Patrick, Laurent, Denis, Ludo et Michel s'alignent sur le 170 et donneront un coup de main à Eddy sur la partie commune du parcours. Si l'histoire repasse rarement les plats, ça sent le réchauffé pour Luis, qui perd les autres dès après la ligne, causant sa colère vis à vis de ses deux co-équipiers en fin d'épreuve, mais Luis connaîtra un autre pépin sans gravité, une chute dans la dernière descente due à la remise des gaz un peu trop tôt, la pédale a coincé. Eddy, Majo et Michel se retrouve rapidement, Patrick est manquant, ce qui n'inquiète pas sa femme et ordonne de continuer à rouler. Il rentre effectivement et taille la route et même les buissons quand le macadam vient à être trop étroit. Denis, Laurent et Ludo partent plus tranquillement. Denis et Laurent sont en forme, Ludo nettement moins et devra faire preuve de beaucoup de courage pour terminer. Devant, la SCA fait le rythme et entraîne dans son sillage un beau peloton, globalement satisfait de l'allure imprimée sauf un inconscient qui se permet d'attaquer dans une descente, énervant tout le monde au passage dans un même élan. Patrick ne laisse à personne le soin de reprendre le fugueur et lui signifier avec le tact et la diplomatie qu'on lui connaît tout le bien que l'on pense de sa manoeuvre. 

Après la séparation, Eddy roule devant, Marie- Jo suit. Patrick et Michel, eux, tourne la molette sur "économie d'énergie", il reste 120 bornes à faire. Patrick ronge son frein, il préfère rouler à bloc au risque de finir en rampant plutôt que gérer, un mot absent de son dictionnaire cycliste. Michel s'offre un gros coup de chaud dans la montée vers St Agrève puis, après un abondant refroidissement remet en route normalement. Les descentes sont littéralement exécutées, personne ne suit. Le danger vient des autres, c'est bien connu. Là le danger vient des autres cyclistes frits et déshydratés qui déambulent au gré du vent balayant la voie sans logique et sans prévisions possible.

Bien sur, l' Ardéchoise reste une très belle fête du vélo, ses nombreux bénévoles sont d'un dévouement remarquables, bien sur l'ambiance y est toujours unique avec ses villages pavoisés ou son public chaleureux. Le village des partenaires fait toujours rêver le passionné et permet un dialogue avec les fabricants. Naturellement, la sécurité y est irréprochable avec des portions de route privatisés et de nombreux postes de secours, les ravitaillements sont gargantuesques et souvent animés et les orchestres installés dans le dernier col aident à gravir la pente mais il nous semble qu'avec 15000 participants, la capacité maximale est atteinte et même dépassée. C'est en effet la première fois que nous montons un col sur les freins, surtout à 15%, c'est étonnant. Le col du Buisson ne peut pas absorber dans des conditions satisfaisantes les coureurs cherchant la performance et les cyclos préférant le tourisme. De plus, il nous semble que l'arrivée à Lalouvesc offre l'avantage pour les spectateurs de voir arriver les cyclistes dans de meilleures conditions et aidaient à parcourir les derniers hectomètres, puis le grand pré reconverti en salle à manger géante surplombait la route et l'on voyait passer les collègues qui en terminaient, sans parler de la commodité qu'offrait l'ancienne organisation pour garer les véhicules et éviter les engorgements.

Résultats des courses :

Boutières :
Marie- jo : 34e et
1ere féminine malgré un manque flagrant de motivation - 3 h 50-
Eddy : 33e  - 3 h 50 -

Luis : Les organisateurs ayant eu le mauvais goût de le classer dans la catégorie "Cyclotouriste anonyme", pas de classement

Volcanique :
Patrick : 25e  - 5 h 40 -
Michel : 26e, cette place lui est désormais attribué, même si la dernière fois, il l'obtenait sur le petit parcours. - 5 h41 -
Laurent : 237e  - 6 h27 -
Denis : 594e, cette place inhabituelle est due au soutien actif à Ludo  - 7 h01 -
Ludo : 595e et content d'arriver.

(A noter: Les differences de temps entre "equipiers" proviennent du passage sur la ligne de depart, pas celle d'arrivee franchie ensemble...)

Tableau de bord

  Boutières Volcanique
Dénivelé 2000m 2900m
km 116 169
t° moyenne 25 26
t° mini 19 19
t° maxi 36 36