Section Catastrophique des ABRETS

Saint Jean de Moirans

Jeudi 8 Mai 2003

 

    Elle était  belle cette journée, elle avait plutôt bien commencée sous un soleil généreux, dans la douce torpeur d'un été un peu en avance sur le calendrier. Même les cerises de St Jean de Moirans commençaient à rougir histoire de rejoindre au plus vite le clafoutis le plus proche. La présence de Marie-Jo, arrivée tout spécialement dans le but de passer quelques bidons et pousser mentalement nos sociétaires en panne de jambes, d'eau et/ou de motivation était à même de laisser se dessiner sur nos visages juvéniles le  sourire contribuant largement à notre succès en boîte de nuit.

    Dans la première course, Laurent qui a pour particularité de ne choisir exclusivement que des courses difficiles, terminaient honorablement tout comme Luis, signant là sa rentrée 2003 après un début de saison fait de plâtres, peintures et papiers peints.

    16 h, début de la deuxième course, au départ, Antoine, Eddy, Franck, Patrick et Michel.  Antoine, coutumier du fait, attaque au premier tour, Michel ronchonne, pas content. Un premier pétard... mouillé, Antoine rentre simultanément dans le rang et dans le peloton. Quelques centaines de mètres plus loin, se représente déjà cette foutue bosse, raide comme une corde à noeuds. Michel déchausse, trop de puissance ou faux mouvement, la question est posée, pose le pied et repart mais perd le contact avec le peloton, là, on a la réponse à la question précédemment posée. Les jambes, le coeur, le souffle et la motivation sont en berne, il signe l'armistice de ce 8 mai au deuxième tour. Un banc de touche recevant au tour suivant les renforts d' Eddy et Antoine souffrant respectivement d'une fin de laryngite et de manque d'entraînement. Faut dire que le banc de touche est sacrément attirant, situé dans la bosse, arboré comme il faut, molletonné d'herbes vertes et de serviette de plage, le service de restauration y est attentionné avec de la tarte à la rhubarbe maison et des boissons fraîches, qui, de toutes façons, nous revenaient de droit. L'ambiance y est, de plus, excellente. Le fan club donne de la voix à chaque passage des deux rescapés, un peu surpris de voir tant de démissionnaires.
    Sixième tour, Franck, un peu largué dans la bosse fait l'effort dans la descente et se retrouve devant, le trou est fait, il organise cet embryon d'échappée à trois lorsque se présente le pont sous la voie de chemin de fer. Estimant la trajectoire un peu contraignante, il tente à grand renfort de casque et d'épaule de gagner quelques précieux centimètres en poussant ce satané  mur, sans autre effet que de se vautrer lourdement. Nouvel abandon et tête de l'humérus fracturé, tel est le diagnostic
(voir ici le recit de l'évennement raconté par l'acteur principal). Eddy constate le décès du casque en l'enfonçant pour convaincre les réticents et reste perplexe sur le coût d'un tel coureur en maillots et cuissards. Le cheval rentre à l'écurie sans son cavalier. Il faut s'organiser, il n'en reste qu'un, Patrick doit sauver l'honneur et laver l'affront, c'est beaucoup pour un seul homme, qu'importe ! On va chercher un exorciseur pour désenvoûter le club, on va allumer quelques cierges et l'on procède à des incantations Vaudoux, il faut tout !
    Avec  succès, Patrick enlève la 10e place. Il y a des jours comme ça.

S'il est vrai que les absents ont toujours torts, Martial et François, se jour là, avaient peut-être raison.

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